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30.09.2007
Le récit biblique
"Le mystère de la forme du récit biblique est bien le fait que les pointes de pensée sont dispersées en tant qu'équation de mots sur tout le récit... si bien que la morale de l'histoire n'est jamais dite directement, en déterminant cependant la manière de raconter dans l'histoire."
Lettre de Franz Rosenzweig à Gertrud Oppenheim, du 30 mai 1927, citée in La pensée de Franz Rosenzweig, PUF, p. 172.
10:25 Publié dans Ce mec a raison | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Philosophie, Bible, Franz Rosenzweig, Rosenzweig
29.09.2007
Littérature et pharmacie
J'aime les classifications. Par exemple, classifions les différentes tendances de la littérature aujourd'hui. Pour cela, trouvons un critère discriminant.
Ce critère, le voici: à un type littéraire correspond un médicament, ou une molécule. Voici les types que cela permet de dégager:
- la littérature ventoline: celle qui apprend au lecteur à respirer. Résistance à l'asphyxie du sens et de l'esprit. Bref: la "littérature-monde".
- la littérature caféine: excitant naturel: polar et science-fiction, évidemment.
- la littérature héroïne (ou crack): flash traumatisant qui rend le lecteur dépendant et obsédé par l'absence du motif central. C'est la littérature qui s'est développée autour de la Shoah et de la bombe atomique. On sait que le rapport de nombreux lecteurs à ce type de littérature est souvent malsain: obsession, fascination...
- la littérature sertraline: celle qui occupe la fonction d'anti-dépresseur sans effet d'addiction. Marc Lévy, Amélie Nothomb, Arlequin. On sait que c'est provisoire, c'est juste pour aider à surmonter les moments de faiblesse.
- la littérature Viagra: surdéveloppement artificiel des possibilités naturelles du moi: Christine Angot.
Bref, vous l'aurez compris, nous sommes tous, nous lecteurs, de potentiels asthmatiques, mous, toxicomanes, déprimés et impuissants.
16:47 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, pharmacie, drogue, science-fiction, Marc Lévy, Christine Angot, Amélie Nothomb
Méfiez-vous de moi
Oui, en vérité je vous le dis: l'homme qui suivrait les conseils de lecture du Systar serait bien maso. Il s'exposerait à lire des merdes surestimées. C'est pas moi qui le dis, c'est une autorité, une vraie de vraie, qui le dit:
" je n'ai toujours pas lu La Horde du Contrevent. Avant, donc, de livrer (mais rien n'est moins certain, devant la masse des livres qu'il me reste à lire, que je dois lire, que je dois relire...) mon propre texte sur ce roman (et puis, que dire, je vous le demande, après les analyses expertes d'Olivier ou même celles, pléthoriques et tirant quelques barriques d'honnête vin d'un seul grain de raisin, de Bruno Gaultier), il m'a paru assez équitable d'offrir à mes lecteurs un contrepoint aux vues exprimées par Olivier. Alain Damasio, que j'ai du reste informé de cette parution, m'a déclaré qu'un auteur conséquent se devait d'être secoué."
Mais je m'interroge. Olivier Noël évoquait le livre, les textes. Non pas la pensée politique de Damasio. Or le texte dont il est question ici n'aborde à aucun moment l'oeuvre elle-même de Damasio, mais seulement des déclarations faites sur le site du Cafard Cosmique. On a alors beau jeu de pointer contresens, erreurs et idéologies chez Damasio, alors même que je n'ai pas réussi à trouver, dans la critique proposée, le moindre commencement d'analyse littéraire.
Dévaloriser une oeuvre en dévalorisant les convictions politiques de son auteur, sans prendre le temps de statuer sur la présence effective ou non des dits thèmes politiques dans La Horde du Contrevent, est-ce bien là tout ce qu'on avait à nous proposer en fait de "contrepoint" à mes bavardages pléthoriques et aux transhallucinations damasiophiles d'O. Noël?
15:10 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Schwärmerei, Transhumain est le meilleur, Systar c'est de la balle
Vérité, bonté, beauté
"Finalement, c'est l'idée qui unit tout, l'idée de beauté, dans le sens platonicien supérieur du terme. Je suis maintenant convaincu que l'acte suprême de la raison, l'acte par lequel elle embrasse toutes les idées, est un acte esthétique, et que vérité et bonté sont les soeurs de la beauté. Le philosophe doit posséder autant de puissance esthétique que le poète... La philosophie de l'esprit est une philosophie esthétique..."
Attribué à Schelling.
10:24 Publié dans Ce mec a raison | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Philosophie, esthétique, Schelling
23.09.2007
Le Mondial de rugby vu par Jonah Lomu
J'ai presque peine à croire que ce soit bien lui qui rédige ces notules, mais visiblement ça a l'air d'être le cas...
En tout cas, pour suivre le Mondial, c'est idéal:
http://fr.sports.yahoo.com/rugby/coupe-du-monde/2007/jonah-lomu/
02:03 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Rugby, sport, Jonah Lomu
22.09.2007
Arcade Fire - No Cars Go (pour Paratext)
21:58 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Arcade Fire, musique, rock, No cars go
Sébastien Chabal - Plaquage et boucherie
21:00 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Sport, Rugby, Sébastien Chabal, All Blacks
Premier love - Tony Parker
C'est émouvant. Y a pas à dire.
11:36 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Tony Parker, basket, musique, rap, premier love
J'aime Maurice et Patapon
J'aime cette BD. C'est du bon, du gras, du lourdingue. Merci Olivier pour le conseil.
Un homophobe, c'est un homosexuel refoulé, et un homosexuel, c'est un homophobe refoulé! ha!
00:29 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Humour, Maurice et Patapon
17.09.2007
Ecrans
Pour conjurer l'angoisse, je plaçais entre l'échéance et moi-même comme autant d'écrans de joie, pour différer le grand saut, pour restreindre les serrements de thorax et les convulsions du ventre. En réalité, ces joies en écran décuplent l'angoisse, forcément ressentie. Toute joie se paye, selon une proportionnalité infernale.
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Loi physique: tout écran n'est qu'un frein, un gel du mouvement, qu'en apparence. En réalité, c'est toujours un catalyseur, quand bien même son effet est différé, d'autant plus puissant qu'il attend et se masque derrière des joies pourtant bien réelles.
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Ecran: mesurer toutes les fonctions qui lui sont associées:
Au basket: faire écran, c'est se figer provisoirement pour permettre le déploiement du mouvement à côté de soi. L'écran est la ruse de l'être au service du devenir.
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Pour qu'il y ait effet d'écran, il faut toujours, peu ou prou, que se cache un canon derrière.
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L'écran: surface de dispersion/projection, donc de spectralisation d'un flux. L'écran permet de rendre visibles toutes les composantes intimes et nécessaires, "vitales", d'un flux, en les séparant et juxtaposant. L'effet produit: un simulacre, quelque chose d'intermédiaire, qui n'est ni vrai ni faux. C'est un détour révélateur.
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L'écran: frontière entre septentrion et gouffre de l'âme, et le point de contact/tangence/continuité qui permet au gouffre de passer, l'espace d'un instant, dans le septentrion, et vice-versa. Point de confusion des réalités psychiques. Carrefour de tous les devenirs, de toutes les vocations intimes. Quand l'écran recouvre un gouffre, il le fait émerger et se diffracter => pendant le temps d'existence de l'écran, le septentrion ancien est occulté, et enfin les gouffres procurent de la joie. C'est delà que proviennent l'euphorie, le sentiment d'innocence intime touchée par une main féminine, et les pleurs à l'aube quand on a rêvé du don des âmes et des corps, enfin...
Au fond, cette joie absolue a quelque chose à voir avec le vertige infini devant la mort de quelqu'un.
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Sens-toi, en ces instants similaires, dépossédé de toi-même, de ta souveraineté sur ton corps, ta chair et tes yeux en larmes. Sens-toi aussi aspiré par l'infini de la hauteur, par tous les gris du ciel, vacille, ivre de verticalité, tremble devant son corps. Et tout comme tu pleures une existence enfuie, tu ne dis rien, et tu ne sais rien dire, en foulant l'asphalte à côté d'elle qui est l'écran absolu, qui menace à tout moment de devenir septentrion et gouffre... Tu entres en survie, tu brises le temps, depuis la vie tu te prends à vivre la mort, depuis elle et en elle tu meurs de vie.
***
Elle te semble venir, éternellement, de ce monde de fête qui ne connaît pas la solitude, et il en a toujours été ainsi, et cela ne changera peut-être jamais. Elle incarne le lien, elle est la liaison même, lorsque la nuit depuis toujours tu poursuis ta propre ombre, creusant toujours plus l'énigme de ta singularité. Elle est chaque femme de la terre qui vivrait ainsi toujours dans les lumières du nombre et que tu aimerais pour et malgré cela.
Elle est un impossible.
Elle est un événement. Comme les autres.
Car elle est Autre, elle est prisme diffracteur de toutes les anciennes connaissances.
Elle n'a pas besoin de subir et de ressentir pour elle ce qu'elle fait advenir en autrui. Elle expose à l'Altérité sans s'y exposer elle-même. Telle est l'une des clefs de toute féminité, de la distance qu'il y aura toujours des hommes au coeur d'enfant, à toute femme. L'âme en paysage, toujours déjà installée dans le monde, elle est pourtant ce qui apparaît comme événement à l'homme. Elle lui arrive.
00:10 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Philosophie, pétage de plombs, Schwärmerei


