02.04.2008

Noir désir et Brigitte Fontaine: duo au sommet

Démentiel, ce duo.

 

25.11.2007

Là, je m'emmerde

 
Je m'emmerde, parce que ce n'est pas très original, comme procédé visant à montrer l'omniprésence d'un individu.
Sur le sujet, je pense à Septentrion, de Jean Raspail, où la montée d'une indifférenciation totalitaire et glacée, grise, est signifiée par le nom unique de tous les individus: Rudeau, processus d'uniformisation du réel et de la société face auquel une trentaine d'insoumis choisissent de fuir par un train vers le "septentrion", pour que reste en vie la "singularité" humaine... 
Aux auteurs d'Appel d'air, j'aurais plutôt recommandé, si j'avais soutenu leur démarche, plutôt que de nous répéter que Rudeau est un bien triste avenir, de montrer quel septentrion, quel nord absolu de l'âme et du vivre était encore possible malgré tout. Bref: de l'inventer. 

29.09.2007

Littérature et pharmacie

J'aime les classifications. Par exemple, classifions les différentes tendances de la littérature aujourd'hui. Pour cela, trouvons un critère discriminant.

Ce critère, le voici: à un type littéraire correspond un médicament, ou une molécule. Voici les types que cela permet de dégager:

- la littérature ventoline: celle qui apprend au lecteur à respirer. Résistance à l'asphyxie du sens et de l'esprit. Bref: la "littérature-monde".

- la littérature caféine: excitant naturel: polar et science-fiction, évidemment.

- la littérature héroïne (ou crack): flash traumatisant qui rend le lecteur dépendant et obsédé par l'absence du motif central. C'est la littérature qui s'est développée autour de la Shoah et de la bombe atomique. On sait que le rapport de nombreux lecteurs à ce type de littérature est souvent malsain: obsession, fascination...

- la littérature sertraline: celle qui occupe la fonction d'anti-dépresseur sans effet d'addiction. Marc Lévy, Amélie Nothomb, Arlequin. On sait que c'est provisoire, c'est juste pour aider à surmonter les moments de faiblesse.

- la littérature Viagra: surdéveloppement artificiel des possibilités naturelles du moi: Christine Angot.

Bref, vous l'aurez compris, nous sommes tous, nous lecteurs, de potentiels asthmatiques, mous, toxicomanes, déprimés et impuissants. 

Méfiez-vous de moi

Oui, en vérité je vous le dis: l'homme qui suivrait les conseils de lecture du Systar serait bien maso. Il s'exposerait à lire des merdes surestimées. C'est pas moi qui le dis, c'est une autorité, une vraie de vraie, qui le dit:

" je n'ai toujours pas lu La Horde du Contrevent. Avant, donc, de livrer (mais rien n'est moins certain, devant la masse des livres qu'il me reste à lire, que je dois lire, que je dois relire...) mon propre texte sur ce roman (et puis, que dire, je vous le demande, après les analyses expertes d'Olivier ou même celles, pléthoriques et tirant quelques barriques d'honnête vin d'un seul grain de raisin, de Bruno Gaultier), il m'a paru assez équitable d'offrir à mes lecteurs un contrepoint aux vues exprimées par Olivier. Alain Damasio, que j'ai du reste informé de cette parution, m'a déclaré qu'un auteur conséquent se devait d'être secoué."

Mais je m'interroge. Olivier Noël évoquait le livre, les textes. Non pas la pensée politique de Damasio. Or le texte dont il est question ici n'aborde à aucun moment l'oeuvre elle-même de Damasio, mais seulement des déclarations faites sur le site du Cafard Cosmique. On a alors beau jeu de pointer contresens, erreurs et idéologies chez Damasio, alors même que je n'ai pas réussi à trouver, dans la critique proposée, le moindre commencement d'analyse littéraire.

Dévaloriser une oeuvre en dévalorisant les convictions politiques de son auteur, sans prendre le temps de statuer sur la présence effective ou non des dits thèmes politiques dans La Horde du Contrevent, est-ce bien là tout ce qu'on avait à nous proposer en fait de "contrepoint" à mes bavardages pléthoriques et aux transhallucinations damasiophiles d'O. Noël?