08.07.2009

W.O.M.B. - Thomas Becker & Sébastien Wojewodka

Voilà: ça a l'air totalement barré, totalement intelligent, totalement pertinent.

Prenez et mangez-en tous.

Pour plus d'infos, et pour vous procurer la chose:

http://www.editions-actusf.com/?article127

01.05.2008

Quand Houellebecq faisait de la pub pour le Club Med...

25.11.2007

Là, je m'emmerde

 
Je m'emmerde, parce que ce n'est pas très original, comme procédé visant à montrer l'omniprésence d'un individu.
Sur le sujet, je pense à Septentrion, de Jean Raspail, où la montée d'une indifférenciation totalitaire et glacée, grise, est signifiée par le nom unique de tous les individus: Rudeau, processus d'uniformisation du réel et de la société face auquel une trentaine d'insoumis choisissent de fuir par un train vers le "septentrion", pour que reste en vie la "singularité" humaine... 
Aux auteurs d'Appel d'air, j'aurais plutôt recommandé, si j'avais soutenu leur démarche, plutôt que de nous répéter que Rudeau est un bien triste avenir, de montrer quel septentrion, quel nord absolu de l'âme et du vivre était encore possible malgré tout. Bref: de l'inventer. 

Quand Serge Lehman sauve l'honneur de la SF française...

 
Honnêtement, c'était là un joli coup de pied dans les rotules indignées des auteurs de SF de l'"Appel d'Air".
Depuis, j'ai eu l'occasion de le rencontrer, Serge. Je dois dire que cela m'a fait beaucoup de bien.
D'abord parce que sur ses conseils, tandis que lui découvrait Rosenzweig, je me suis mis à lire Werner Heisenberg.
Ensuite parce qu'il m'a rassuré sur les trajectoires sinueuses que j'emprunte ces temps derniers. Non, je ne suis pas fou. Non, ne pas aduler la gauche, être profondément religieux, s'interroger beaucoup plus sur la mort et l'esprit que sur la jouissance et le collectif, et le tout à 22 ans, tout cela n'est pas sale... 
Et cette phrase, qui m'a infiniment fait plaisir: "On fait beaucoup de sacrifices pour rester à l'extrême gauche. Et puis il y a un jour où l'on s'aperçoit de tout ce que cela a coûté intellectuellement d'avoir voulu rester à toute force à l'extrême gauche... de tout ce à côté de quoi on est passé."
 
Merci, Serge. Pour la rencontre les cônes, pour le centre causal, pour les mises au point salvatrices, qui eurent lieu, par coïncidence (mais: "Coïncidence: tu n'as pas regardé l'autre face de l'événement..." comme disait John Brunner ;-) ), une veille de grève...

29.09.2007

Littérature et pharmacie

J'aime les classifications. Par exemple, classifions les différentes tendances de la littérature aujourd'hui. Pour cela, trouvons un critère discriminant.

Ce critère, le voici: à un type littéraire correspond un médicament, ou une molécule. Voici les types que cela permet de dégager:

- la littérature ventoline: celle qui apprend au lecteur à respirer. Résistance à l'asphyxie du sens et de l'esprit. Bref: la "littérature-monde".

- la littérature caféine: excitant naturel: polar et science-fiction, évidemment.

- la littérature héroïne (ou crack): flash traumatisant qui rend le lecteur dépendant et obsédé par l'absence du motif central. C'est la littérature qui s'est développée autour de la Shoah et de la bombe atomique. On sait que le rapport de nombreux lecteurs à ce type de littérature est souvent malsain: obsession, fascination...

- la littérature sertraline: celle qui occupe la fonction d'anti-dépresseur sans effet d'addiction. Marc Lévy, Amélie Nothomb, Arlequin. On sait que c'est provisoire, c'est juste pour aider à surmonter les moments de faiblesse.

- la littérature Viagra: surdéveloppement artificiel des possibilités naturelles du moi: Christine Angot.

Bref, vous l'aurez compris, nous sommes tous, nous lecteurs, de potentiels asthmatiques, mous, toxicomanes, déprimés et impuissants. 

15.09.2007

Ce mec a raison

Mellors:

"Cela ne sert à rien de vouloir sortir de ta solitude. Il faut t'y cramponner toute ta vie. Le vide ne sera rempli que de temps à autre. De temps à autre! Mais il faut attendre le moment. Accepte ta propre solitude et t'y cramponne toute ta vie. Et accepte aussi les moments où le vide sera rempli, quand ces moments viendront. Mais il faut qu'ils viennent d'eux-mêmes. Tu ne peux pas les forcer à venir."

D.H. Lawrence, L'amant de Lady Chatterley