08.07.2009
W.O.M.B. - Thomas Becker & Sébastien Wojewodka
Voilà: ça a l'air totalement barré, totalement intelligent, totalement pertinent.
Prenez et mangez-en tous.
Pour plus d'infos, et pour vous procurer la chose:
http://www.editions-actusf.com/?article127
17:05 Publié dans Ce mec a raison | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : littérature, philosophie, schizophrénie, transhumain est le meilleur, transhu is god, sébastien wojewodka
15.06.2009
Le parti dévot moderne
Dans Festivus festivus, Muray revient sur l'utilisation des larmes comme argument politique (Binoche face à Finkielkraut, Aubry perdant la mairie de Lille, etc.)...
"C'est dans l'increvable conviction d'incarner la guerre contre le Mal que s'est constituée la gauche d'aujourd'hui, qui n'est autre que le parti dévot contemporain. A ce propos, je vais m'offrir le plaisir de vous citer un étourdissant passage de Péguy, dans sa Note conjointe sur M. Descartes et la philosophie cartésienne, où il parle justement de ce qui fonde le parti dévot moderne: "Parce qu'ils n'ont pas la force (et la grâce) d'être de la nature ils croient qu'ils sont de la grâce. Parce qu'ils n'ont pas le courage temporel ils croient qu'ils sont entrés dans la pénétration de l'éternel. Parce qu'ils n'ont pas le courage d'être du monde ils croient qu'ils sont de Dieu. Parce qu'ils n'ont pas le courage d'être un des partis de l'homme ils croient qu'ils sont du parti de Dieu. Parce qu'ils ne sont pas de l'homme, ils croient qu'ils sont de Dieu. Parce qu'ils n'aiment personne, ils croient qu'ils aiment Dieu." Bien entendu, il faut remplacer "Dieu" par autre chose (encore que...), mais, de toute façon, la légitimité du dévot de gauche, s'il est permis d'employer un tel pléonasme, relève du droit divin; et ce qui est arrivé en avril puis mai derniers [2002] est de l'ordre de la désacralisation, ou de la tentative de régicide, au moins de la velléité de déposition de monarque."
Philippe Muray, Festivus festivus, Champs Flammarion, pp. 168-169.
13:56 Publié dans Ce mec a raison | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, gauche qui chiale, philippe muray, charles péguy
25.05.2008
L'épreuve de philo d'Albert Dupontel
15:11 Publié dans Ce mec a raison | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : albert dupontel, humour, philosophie
20.01.2008
C'est un peu embrumé, mais ça pourrait bien se dégager
Il y a ce couple vraiment peu commode à manier, en philo: transcendance et immanence.
Bon, ok, c'est un fait établi: il ne s'agit jamais que de faire entrer en surintensité un certain plan d'immanence, la texture même des choses, leur matérialité, d'élever tout ça au rang de chair, voire de peau (pour la sensualité, la profondeur, tout ça). Et de favoriser les flux inter-humains, le désir, etc. Et, bien sûr, de créer des brèches, de générer des implosions, d'incendier le réel.
Implosions, et non pas explosions. Parce qu'il ne faut pas sortir fallacieusement du champ d'immanence, il faut refuser les mouvements intellectuels d'hypostase en réalités transcendantes de singularités purement immanentes.
Mais la question est: tôt ou tard, les implosions ne finissent-elles pas par produire des flammes et les fumées qui vont avec?
Et flammes et fumées, alors, immanquablement, de s'élancer vers le ciel...
16:00 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Philosophie, immanence, transcendance, Deleuze c'est cool mais y a pas que lui dans la vie
Le jeu - Quelques formules d'Alain Juranville
"Or qu'est-ce que l'identité de l'existence, quand cette identité est posée (se pose) objectivement? Qu'est-ce que l'identité objective de l'existence? Non pas d'abord et décisivement raison, comme dans la tradition métaphysique, mais jeu, jeu essentiel."
Le Jeu - La philosophie comme savoir de l'existence, tome 2, PUF, Philosophies d'aujourd'hui, p. 6.
"Accéder à l'identité objective de l'existence essentielle, c'est alors, d'une part, reconnaître la finitude radicale qui surgit dans la rencontre de l'Autre, et qui fait s'effondrer toute raison déjà là et, d'autre part, poser, pour cette finitude qui réduit à l'objet ex-sistant, un principe qui se reconstitue imprévisiblement, qui se recrée, à partir de l'Autre. C'est donc affirmer, au-delà de la raison, le jeu.
Pas de jeu en effet, même le jeu d'un enfant solitaire qui pousse des pions, fût-il l'enfant royal d'Héraclite, qui ne suppose que s'y fera la rencontre de l'Autre, avec la finitude qu'elle inflige. C'est la part de hasard présente en tout jeu: qu'on puisse y gagner ou y perdre, et que toujours d'abord on y perde. Et, en même temps, dans le jeu, cette rencontre avec l'Autre est voulue, d'abord certes par celui qui institue le jeu, mais aussi par tous ceux qui "entrent dans le jeu", et se "mettent en jeu" à leur tour. Voulue à partir d'un principe qui, au-delà de la seule rencontre de la finitude, ordonne toutes les règles, toute l'objectivité du jeu. Mais à partir d'un principe qui d'abord n'apparaît pas comme valant pour tous, comme nécessaire, qui d'abord apparaît comme simplement possible. C'est d'un tel principe, pourvu qu'il soit essentiel, pourvu qu'il ne soit pas, comme dans le monde commun, le principe conventionnel d'un jeu qui se dissoudrait dans la toute-puissance de la raison, qu'il doit s'agir pour l'identité objective de l'existence. Laquelle est donc bien jeu, jeu essentiel." (ibid., p. 6)
15:23 Publié dans Ce mec a raison | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Philosophie, Alain Juranville, existence, Heidegger
01.12.2007
Des sommets de connerie en politique: le cas Alain Badiou
22:47 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Alain Badiou, Philosophie, marxisme, léninisme, Mao, Jean Yanne
30.09.2007
Le récit biblique
"Le mystère de la forme du récit biblique est bien le fait que les pointes de pensée sont dispersées en tant qu'équation de mots sur tout le récit... si bien que la morale de l'histoire n'est jamais dite directement, en déterminant cependant la manière de raconter dans l'histoire."
Lettre de Franz Rosenzweig à Gertrud Oppenheim, du 30 mai 1927, citée in La pensée de Franz Rosenzweig, PUF, p. 172.
10:25 Publié dans Ce mec a raison | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Philosophie, Bible, Franz Rosenzweig, Rosenzweig
29.09.2007
Vérité, bonté, beauté
"Finalement, c'est l'idée qui unit tout, l'idée de beauté, dans le sens platonicien supérieur du terme. Je suis maintenant convaincu que l'acte suprême de la raison, l'acte par lequel elle embrasse toutes les idées, est un acte esthétique, et que vérité et bonté sont les soeurs de la beauté. Le philosophe doit posséder autant de puissance esthétique que le poète... La philosophie de l'esprit est une philosophie esthétique..."
Attribué à Schelling.
10:24 Publié dans Ce mec a raison | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Philosophie, esthétique, Schelling
17.09.2007
Ecrans
Pour conjurer l'angoisse, je plaçais entre l'échéance et moi-même comme autant d'écrans de joie, pour différer le grand saut, pour restreindre les serrements de thorax et les convulsions du ventre. En réalité, ces joies en écran décuplent l'angoisse, forcément ressentie. Toute joie se paye, selon une proportionnalité infernale.
***
Loi physique: tout écran n'est qu'un frein, un gel du mouvement, qu'en apparence. En réalité, c'est toujours un catalyseur, quand bien même son effet est différé, d'autant plus puissant qu'il attend et se masque derrière des joies pourtant bien réelles.
***
Ecran: mesurer toutes les fonctions qui lui sont associées:
Au basket: faire écran, c'est se figer provisoirement pour permettre le déploiement du mouvement à côté de soi. L'écran est la ruse de l'être au service du devenir.
***
Pour qu'il y ait effet d'écran, il faut toujours, peu ou prou, que se cache un canon derrière.
***
L'écran: surface de dispersion/projection, donc de spectralisation d'un flux. L'écran permet de rendre visibles toutes les composantes intimes et nécessaires, "vitales", d'un flux, en les séparant et juxtaposant. L'effet produit: un simulacre, quelque chose d'intermédiaire, qui n'est ni vrai ni faux. C'est un détour révélateur.
***
L'écran: frontière entre septentrion et gouffre de l'âme, et le point de contact/tangence/continuité qui permet au gouffre de passer, l'espace d'un instant, dans le septentrion, et vice-versa. Point de confusion des réalités psychiques. Carrefour de tous les devenirs, de toutes les vocations intimes. Quand l'écran recouvre un gouffre, il le fait émerger et se diffracter => pendant le temps d'existence de l'écran, le septentrion ancien est occulté, et enfin les gouffres procurent de la joie. C'est delà que proviennent l'euphorie, le sentiment d'innocence intime touchée par une main féminine, et les pleurs à l'aube quand on a rêvé du don des âmes et des corps, enfin...
Au fond, cette joie absolue a quelque chose à voir avec le vertige infini devant la mort de quelqu'un.
***
Sens-toi, en ces instants similaires, dépossédé de toi-même, de ta souveraineté sur ton corps, ta chair et tes yeux en larmes. Sens-toi aussi aspiré par l'infini de la hauteur, par tous les gris du ciel, vacille, ivre de verticalité, tremble devant son corps. Et tout comme tu pleures une existence enfuie, tu ne dis rien, et tu ne sais rien dire, en foulant l'asphalte à côté d'elle qui est l'écran absolu, qui menace à tout moment de devenir septentrion et gouffre... Tu entres en survie, tu brises le temps, depuis la vie tu te prends à vivre la mort, depuis elle et en elle tu meurs de vie.
***
Elle te semble venir, éternellement, de ce monde de fête qui ne connaît pas la solitude, et il en a toujours été ainsi, et cela ne changera peut-être jamais. Elle incarne le lien, elle est la liaison même, lorsque la nuit depuis toujours tu poursuis ta propre ombre, creusant toujours plus l'énigme de ta singularité. Elle est chaque femme de la terre qui vivrait ainsi toujours dans les lumières du nombre et que tu aimerais pour et malgré cela.
Elle est un impossible.
Elle est un événement. Comme les autres.
Car elle est Autre, elle est prisme diffracteur de toutes les anciennes connaissances.
Elle n'a pas besoin de subir et de ressentir pour elle ce qu'elle fait advenir en autrui. Elle expose à l'Altérité sans s'y exposer elle-même. Telle est l'une des clefs de toute féminité, de la distance qu'il y aura toujours des hommes au coeur d'enfant, à toute femme. L'âme en paysage, toujours déjà installée dans le monde, elle est pourtant ce qui apparaît comme événement à l'homme. Elle lui arrive.
00:10 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Philosophie, pétage de plombs, Schwärmerei
16.09.2007
Les mondes des sens expliqués par Ernst Cassirer (à l'attention d'Olivier)
"Les données que nous présente l'expérience, les seules qu'elle mette à notre portée, ne vont pas dans le sens de l'unité et de l'homogénéité de l'espace, mais bien au contraire d'une pluralité d' "espaces" qualitativement différents et aussi nombreux qu'il y a de domaines sensibles. Espace optique, espace tactile, espace de nos sensations motrices: tous possèdent leur propre structure, spécifique et complète; les connexions et les rapports qu'ils établissent entre eux ne se fondent nullement sur une nature commune, sur l'identité d'une "forme" abstraite, mais seulement sur la liaison empirique régulière qui existe entre eux et grâce à laquelle ils ont la possibilité de se représenter réciproquement. Mais alors une conséquence supplémentaire semble inévitable. La question de savoir auquel de tous ces espaces sensibles appartient la "vérité" authentique et définitive perd tout son sens. Ils sont tous équivalents les uns aux autres, aucun d'eux ne peut exiger un plus haut degré de certitude, d'objectivité et d'universalité pour lui que pour les autres. Ce que nous appelons objectivité, vérité ou nécessité n'a donc par conséquent qu'une signification relative et non point absolue. Chaque sens a son propre monde, et il ne reste qu'à comprendre et à analyser tous ces mondes d'une manière purement empirique, sans tenter de les réduire à un commun dénominateur."
Ernst Cassirer, La Philosophie des Lumières, p. 136, à propos des conclusions de la résolution du problème de Molyneux...
00:10 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Philosophie, Cassirer, Diderot, Molyneux, idéalisme, Lumières


