17.02.2008
L'hymne des auteurs de SF: Confidence pour confidence, de Jean Schultheis
"Ai-mez-moi/ A ge-noux"
"Confidence pour confidence c'est moi que j'aime à travers vous"
21:49 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, Jean Schultheis, variété française, narcissisme et science-fiction, science-fiction
21.01.2008
"Redresser" la SF: quelques audacieuses propositions
Lectorat siphoné, finances moribondes, capitaux en fuite: alors même que les années 2000 incarnent sans doute une exceptionnelle période de création en science-fiction française, ça mollit méchamment du côté des portefeuilles, des éditeurs comme des auteurs.
Certains anciens, habitués jadis à vendre sans forcer à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires, s'étonnent aujourd'hui de peiner à boucler les fins de mois, et l'on parle d'immense succès public lorsqu'après trois ans d'existence un livre atteint les 30 000 exemplaires vendus...
A cette conjoncture passablement déprimée, quoique non encore désespérée, il conviendra d'avancer des explications puis des remèdes.
Les explications: une dissémination/dilution de l'ancien lectorat dans un nombre toujours croissant de centres d'intérêts; une augmentation lamentable du nombre de livres publiés, ce qui a nécessairement influé par la négative sur les chiffres moyens de vente par livre , etc.
Sur un plan plus proprement intellectuel et esthétique, le déclin commercial de la SF ne tient qu'à une seule chose: la SF a cessé d'être sale. Aujourd'hui, l'auteur de SF est propre, le doigt bien posé sur la couture. Dans d'improbables romans jeunesse, il ne refusera pas, à l'occasion, la difficile mission d'initier les jeunesses illettrées de la France profonde aux plus rugueuses problématiques sociétales. Autrefois il choquait, il écrivait dans une langue infâme, il était illustré par des couv' kitsch. Maintenant il éduque, il enseigne, il "intervient" dans les collèges. Il est passé du côté des costards reprisés de profs et des après-midis ludiques en bibliothèques municipales.
Avant il écrivait comme un porc. Maintenant il fait du style, parfois même il passe chez les traîtres de la litt'gèn'.
Idéologiquement, il a cessé de s'opposer réellement à toute forme de pouvoir. De pétitions mécaniquement signées en vagues ronchonnements anti-nanistes, il semble s'emmerder en politique. La subversion est morte, et comme la terroriste Sonia Wolguelane des Songes de Mevlido de Volodine, l'auteur de SF vit "dans les bas-fonds de la révolution manquée". Ses positions intellectuelles sont chiantes. Spiritualité (parce qu'il faut kiffer un peu quand même), mais sans transcendance (parce que c'est patriarcal, condescendant, secrètement phallocratique, voire totalitaire), sa pensée se résume très bien dans la chanson de Matmatah "La Cerise":
Alors que faire? Quels remèdes apporter au corps fébrile et morbide de notre chère SF?
Eh bien, les remèdes les plus simples, qui seront également les plus efficaces. Se souvenir de ce que nous sommes: des Gaulois. La patrie de Laurent Gerra et de Jean-Marie Bigard. Celle de Clara Morgane aussi. Remettre un peu de tirlipimpon sur le chihuahua dans tout ça:
Et comme je ne suis jamais regardant sur les efforts que je fournis, j'ai fait appel à quelques experts de ces deux milieux (Transhu, Dayl' et Trinity-girly, Mnémosyne, entre autres). Nous sommes aujourd'hui fier de pouvoir présenter un projet entier de catalogue de Sexy-fiction, Pornak'SF (le label exact restant à préciser...). Dans le catalogue, donc, et en prenant bien conscience que toute ressemblance avec des titres existant déjà ne serait que pure coïncidence (oui, oui, on a bien regardé "l'autre côté de l'événement", et y'a pas à dire: ce n'est qu'une pure coïncidence) : (entre parenthèses figurent les auteurs du titre indiqué: Transhu = T, Dayl' = D; Trinity-girly = TG; Mnémosyne = M; Systar-Bazar = S)
-Les Hardeuses du Contrevent (S); La Zone du Derrière (TG)
-Villa Latex, Babylon Boobies (S); Babylon Dirties (TG); Dieu pratique-t-il des levrettes noires? (TG)
-Nichons du monde Fluctuant (S)
-Bondage de Diamant (D); Forniconomicon (D)
-Les Cunivores (S), La Cité Nymphomane (T)
-La lune seule le suce (S); Faerie Fuckers (S)
-Aucune rondelle aussi lointaine (S); Le chibre des ombres (S)
-Les futurs fisteurs de Paris (S), dont Le trou de balle du néant (TG); Tampax Americana (TG); BDSM (TG)
-Bondage des Intouchables (S); Herpès Palace (D); Le serpent à quéquette (TG)
-Alvin le Fesseur (D); La sodomie Ender (D)
- Le goût de l'immoralité (S); Blanche-Fesse et les spermicides (S); Délires d'obsédés (TG)
-La glaire aux atrocités (D); Vermillion Sade (D)
- Le braquemart du vautour (S); A vos fouets (TG); Le syndrome Godemichet (TG); Confessions d'un érotomane mangeur d'opium (TG)
-Les anales du fist-monde (S)
-Touze à Zanzibar (S); La bite déchiquetée (S)
-Belle de Motte (M)
-Minuscules flocons de sperme depuis dix minutes (T); Nid de cocus (TG)
-Requiem pour Philip K. Bite (TG)
-Le puits des jouissances perdues (D); Attachez-moi (D)
-Fantômes et foufounes (TG)
-Les cailles du maquereau (D)
-Le cuni des étoiles (TG)
- La machine à explorer le gland (D)
-La cité des déviants (TG)
- Les Mille et un vits de Billy Milligan (TG)
-Le Guide du Niqueur galactique (TG)
-Pénétration (I can't get no) (TG)
-Luxure intérieur (D); Du monde travesti (D)
-Capote sur Glandahar (TG)
-La serviette écarlate (D)
-La cité des seins et des trous (TG)
-Chronique d'une verge entravée (D)
-Chrono-minous (TG)
-La pine dans l'oeil de Dieu (TG)
-Deus sex (TG)
-L'espèce de pénétration (D)/ L'espace de la pénétration (S)
-Les androgynes rêvent-ils de roustons électriques? (TG); Les Glands de la Lune Alphane (TG)
- La fesse (D); Succions (D)
-Nouveau Vit TM (TG)
-Les doigts baladeurs (D)
-La Débandade (TG)
-Une feuille-de-rose pour l'ecclésiaste (TG); Les phéromones de la fesse bleue (TG)
-La profondeur du con (D)
-La guerre des pines (TG); Le royaume lubrique, La Rivière aux zizis, L'île de la défouraille, Les biroutes de l'ombre (TG)
-Le Gode dans le labyrinthe (D); Les gonades urbaines (D)
-Le syndrome du scopophile (TG)
-Des fleurs après fellation (D)
-Lap-Dance des six Lunes (TG)
-Demain, les chiennes (D)
-Foutre (D)
-L'homme sans parties (D)
-Machines séminales (D)
-Le cimetière des seins (D)
-Pine (D)
-Quand elle a crié sur un 69 (D)
-L'impuissance de l'invisible (D)
-La main moite de la nuit (D)
-La faune de l'orgasme (D); La foune de l'espace (D)
-Geisha, coïts de l'homme-éléphant (D).
A suivre, mais sans doute sur les blogs de mes compagnons de jeu... moi j'ai donné!
00:45 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : science-fiction, porno, Clara Morgane, je ne suis pas responsable de cet article c'est Trinity qui m'
19.01.2008
L'embarras du chieur
Le chieur n'est pas l'exact symétrique de la chieuse. C'est un timide, un bouleversé, un complexé, alors que la chieuse est une extravertie qui s'assume.
Le chieur n'est pourtant pas particulièrement mal loti par la nature (ni plus ni moins que le connard ou que le salaud, sans parler du "mec bien"). Mais non, il y a toujours un moment où il préfèrera s'éclipser, ne pas accepter les invitations ou ne pas faire la fête comme tout le monde. A noter qu'il est d'autant plus chieur qu'il ne l'est pas toujours, et qu'il est capable de bringues mémorables, comme n'importe quel soifard décomplexé et n'importe quel kéké des plages ou des boulevards parisiens (avec la fameuse variante des "pédés à mèche", copyright Dayl'). Et puis il y a toujours un moment où vous l'inviterez à une teuf, et il dira non.
Regardez, pour bien comprendre, on va prendre un exemple concret. Mettons une chic nana, une nénette bien de chez bien, qui ferait, je sais pas moi, une "soirée filles avec des vrais morceaux de mecs dedans" (la grande question étant: quels morceaux du mec?). Elle invite, le plus naturellement, au beau milieu d'un paquet de goules et de vampires joviaux et irrésistibles, un chieur.
Mettons que ça se passera le 8 février, ou dans ces eaux-là. Là, le chieur a deux possibilités (ou trois, mais la troisième est un aveu de faiblesse auprès de la chic nana):
- dire qu'il a finalement un vieux pote de passage à Paris, qu'il doit impérativement voir ce soir-là, paske le mec repart le lendemain pour les Emirats Arabes Unis (ils ont bon dos, les émirats arabes unis!)
- balancer ses théories oiseuses sur la singularité et le nombre, genre: "tu sais, j'aime les expériences frontales, un face-à-face réel entre des singularités authentiques, uniques. Si le moment partagé n'est qu'une concession faite à l'ordinaire jeu social sacrificiel, où l'on n'est qu'une ombre dans le nombre, il n'y a rien de la force d'un événement, rien d'inoubliable."
- reconnaître qu'en fait il adore confisquer les gens rien que pour lui, et qu'en fait au-delà de trois personnes dans la discussion (le Dayl' ou le Transhu faisant d'idéaux compléments trinitaires, à moins que ce ne soit la chic nana qui fasse l'idéal complément à la perfection intrinsèque du Transhu ou du Dayl'? ), il s'emmerde. Parce qu'il accapare. Parce qu'il répète les moments où il accaparait l'attention de sa maman rien que pour lui... (chut, ta gueule Oedipe, tu vas nous faire remarquer).
Il reste une dernière possibilité: celle du chieur qui exprime son devenir-connard. C'est celui qui dira à la chic nana:
" Ah, y aura de la Chimay? et telle guest Star du milieu? ah, alors dans ce cas-là, ouais, je vais réfléchir, mais c'est pas sûr... je te dirai ça bientôt. Oui, le 8. Oui, vers 19 h 30."
Je me sens franchement connard, ce soir, je sais pas pourquoi...
19:33 Publié dans Ce mec a raison | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : Dire non puis oui à une invitation, science-fiction, chieur, connard, Daylon is God, Transhu is God
Hapax Illiana: la bande-son
La nouvelle étant désormais achevée et soumise à la sagacité de mes lectrices et de mes lecteurs les plus acérés (dont l'impitoyable Damasio, je fais dans mon futal à l'idée de recevoir prochainement son avis), je vous livre ici la bande-son de la nouvelle...
D'abord le Minor Blues de Django, pour le café, à l'aube:
Et puisque ces connards de Youtube et de Dailymotion n'ont pas de vidéo potable de l'Oriental Shuffle, de l'Impromptu, je vous mets Illiana rien que pour vous, sur la roue de la fortune de ce cher Boèce:
Et on finit en beauté avec le "feu inoubliable", qui a vraiment scandé pendant six ou sept mois l'écriture du texte...
19:07 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Musique, science-fiction, kitsch, U2, Django Reinhardt, The unforgettable fire
06.01.2008
Appleseed - quelques aperçus
Un bon aperçu du film, avec Nightwish en bande-son (dédicace spéciale à Damien...):
L'ouverture:
18:35 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Manga, cinéma, science-fiction, Appleseed, Akira, Avalon, film
25.11.2007
Là, je m'emmerde
Sur le sujet, je pense à Septentrion, de Jean Raspail, où la montée d'une indifférenciation totalitaire et glacée, grise, est signifiée par le nom unique de tous les individus: Rudeau, processus d'uniformisation du réel et de la société face auquel une trentaine d'insoumis choisissent de fuir par un train vers le "septentrion", pour que reste en vie la "singularité" humaine...
Aux auteurs d'Appel d'air, j'aurais plutôt recommandé, si j'avais soutenu leur démarche, plutôt que de nous répéter que Rudeau est un bien triste avenir, de montrer quel septentrion, quel nord absolu de l'âme et du vivre était encore possible malgré tout. Bref: de l'inventer.
23:51 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, science-fiction, politique, Sarkozy, UMP
Quand Serge Lehman sauve l'honneur de la SF française...
Depuis, j'ai eu l'occasion de le rencontrer, Serge. Je dois dire que cela m'a fait beaucoup de bien.
D'abord parce que sur ses conseils, tandis que lui découvrait Rosenzweig, je me suis mis à lire Werner Heisenberg.
Ensuite parce qu'il m'a rassuré sur les trajectoires sinueuses que j'emprunte ces temps derniers. Non, je ne suis pas fou. Non, ne pas aduler la gauche, être profondément religieux, s'interroger beaucoup plus sur la mort et l'esprit que sur la jouissance et le collectif, et le tout à 22 ans, tout cela n'est pas sale...
Et cette phrase, qui m'a infiniment fait plaisir: "On fait beaucoup de sacrifices pour rester à l'extrême gauche. Et puis il y a un jour où l'on s'aperçoit de tout ce que cela a coûté intellectuellement d'avoir voulu rester à toute force à l'extrême gauche... de tout ce à côté de quoi on est passé."
Merci, Serge. Pour la rencontre les cônes, pour le centre causal, pour les mises au point salvatrices, qui eurent lieu, par coïncidence (mais: "Coïncidence: tu n'as pas regardé l'autre face de l'événement..." comme disait John Brunner ;-) ), une veille de grève...
23:42 Publié dans Ce mec a raison | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, science-fiction, Serge Lehman, politique, l'extrême gauche m'emm...
29.09.2007
Littérature et pharmacie
J'aime les classifications. Par exemple, classifions les différentes tendances de la littérature aujourd'hui. Pour cela, trouvons un critère discriminant.
Ce critère, le voici: à un type littéraire correspond un médicament, ou une molécule. Voici les types que cela permet de dégager:
- la littérature ventoline: celle qui apprend au lecteur à respirer. Résistance à l'asphyxie du sens et de l'esprit. Bref: la "littérature-monde".
- la littérature caféine: excitant naturel: polar et science-fiction, évidemment.
- la littérature héroïne (ou crack): flash traumatisant qui rend le lecteur dépendant et obsédé par l'absence du motif central. C'est la littérature qui s'est développée autour de la Shoah et de la bombe atomique. On sait que le rapport de nombreux lecteurs à ce type de littérature est souvent malsain: obsession, fascination...
- la littérature sertraline: celle qui occupe la fonction d'anti-dépresseur sans effet d'addiction. Marc Lévy, Amélie Nothomb, Arlequin. On sait que c'est provisoire, c'est juste pour aider à surmonter les moments de faiblesse.
- la littérature Viagra: surdéveloppement artificiel des possibilités naturelles du moi: Christine Angot.
Bref, vous l'aurez compris, nous sommes tous, nous lecteurs, de potentiels asthmatiques, mous, toxicomanes, déprimés et impuissants.
16:47 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, pharmacie, drogue, science-fiction, Marc Lévy, Christine Angot, Amélie Nothomb


