08.07.2009

W.O.M.B. - Thomas Becker & Sébastien Wojewodka

Voilà: ça a l'air totalement barré, totalement intelligent, totalement pertinent.

Prenez et mangez-en tous.

Pour plus d'infos, et pour vous procurer la chose:

http://www.editions-actusf.com/?article127

22.06.2009

il y a un an...

Il y a un an, j'entamais les oraux d'agrégation.

C'était une période extraordinairement intense, le genre de choses qui, après coup, vous auront appris à aimer la solitude.

La solitude qui a un goût d'inoubliable, un goût d'inespéré, un goût de: "ça, personne ne me l'enlèvera jamais."

Les nuits passées à regarder des films que j'allais chercher au Virgin des Champs-Elysées (session nocturne, la plus calme, la plus impersonnelle, la plus anonyme, la plus apaisante), l'anxiété presque dépressive typique du jeune agrégatif qui pense qu'il va à la boucherie...

Philosophiquement, la découverte de Michel Henry à travers Marx, ou l'inverse... la force de la vie subjective individuée qui ne saurait se laisser consumer dans les territoires sans cesse augmentés de la mort objectivante... Cela préparait le recueil en soi, en l'étreinte de soi à soi, que j'ai pu ressentir cet hiver.

Heisenberg aussi, ça c'était chouette.

J'avais laissé en plan tous mes projets de l'époque: Simondon, Merleau-Ponty, Juranville... Ils m'ont suivi à Toulouse, mais je n'ai pas trouvé le temps ni la force de reprendre ces lectures éreintantes et magnifiques.

J'avais laissé en plan les projets d'écriture: ils ont bien mûri depuis.

A l'époque, j'écoutais, grâce à Olivier, In Your Room des Depeche Mode.

 

J'écoutais aussi en boucle Dead Eyes de Jesu. C'est magnifique.

Le clip révèle extrêmement bien la scission entre l'organique et le géométrique, ce flottement de l'oeil qui pleure sans savoir pourquoi, fixe, dans la vie et pourtant infiniment mis à distance d'elle. Un oeil entré dans le champ d'indifférenciation qui précède (ou succède à?) la vie individuée, à notre vie en somme.

29.09.2007

Méfiez-vous de moi

Oui, en vérité je vous le dis: l'homme qui suivrait les conseils de lecture du Systar serait bien maso. Il s'exposerait à lire des merdes surestimées. C'est pas moi qui le dis, c'est une autorité, une vraie de vraie, qui le dit:

" je n'ai toujours pas lu La Horde du Contrevent. Avant, donc, de livrer (mais rien n'est moins certain, devant la masse des livres qu'il me reste à lire, que je dois lire, que je dois relire...) mon propre texte sur ce roman (et puis, que dire, je vous le demande, après les analyses expertes d'Olivier ou même celles, pléthoriques et tirant quelques barriques d'honnête vin d'un seul grain de raisin, de Bruno Gaultier), il m'a paru assez équitable d'offrir à mes lecteurs un contrepoint aux vues exprimées par Olivier. Alain Damasio, que j'ai du reste informé de cette parution, m'a déclaré qu'un auteur conséquent se devait d'être secoué."

Mais je m'interroge. Olivier Noël évoquait le livre, les textes. Non pas la pensée politique de Damasio. Or le texte dont il est question ici n'aborde à aucun moment l'oeuvre elle-même de Damasio, mais seulement des déclarations faites sur le site du Cafard Cosmique. On a alors beau jeu de pointer contresens, erreurs et idéologies chez Damasio, alors même que je n'ai pas réussi à trouver, dans la critique proposée, le moindre commencement d'analyse littéraire.

Dévaloriser une oeuvre en dévalorisant les convictions politiques de son auteur, sans prendre le temps de statuer sur la présence effective ou non des dits thèmes politiques dans La Horde du Contrevent, est-ce bien là tout ce qu'on avait à nous proposer en fait de "contrepoint" à mes bavardages pléthoriques et aux transhallucinations damasiophiles d'O. Noël?